Si l’on associe à la start-up des termes comme : croissance, innovation, IA, data, vitesse, digital, disruption. L’assurance renvoie à des termes beaucoup plus administratifs comme : contrats, garanties, réserves , papiers, conservatisme, institutionnels.
Avouons-le : sur le papier, les deux univers ne semblent pas faits pour se rencontrer. Et pourtant, ils ont beaucoup à s’apporter.
Pour une start-up et pour ses Business Angels, l’assurance ne devrait pas être considérée comme une simple dépense obligatoire. C’est un outil de protection de la valeur de l’entreprise et de sécurisation de l’investissement.
Prenons quelques exemples :
L’Homme Clé : protéger la valeur de la start-up
Un Business Angel investit son argent dans un projet, mais surtout dans une équipe. Les fondateurs, les dirigeantes et dirigeants, les profils techniques ou commerciaux clés représentent une part considérable de la valeur de la jeune entreprise.
Que se passe-t-il si l’un d’eux disparaît brutalement ou devient incapable de poursuivre son activité ?
La start-up peut perdre des compétences, des clients, des partenaires… et une partie de sa valeur.
L’assurance Homme Clé permet alors de verser un capital à l’entreprise afin de lui donner les moyens de traverser cette période : recrutement, remplacement, réorganisation, maintien de l’activité… Pour un Business Angel, c’est une façon très concrète de protéger son investissement et d’en maintenir la valeur même en cas de difficultés !
Second cas d’usage la responsabilité civile des dirigeants (également appelée RCMS) Ou comment protéger ceux qui prennent les décisions
Une start-up prend des risques. C’est dans son ADN. Mais ses dirigeants aussi.
Une mise en cause personnelle peut intervenir pour une faute de gestion, une décision contestée, un manquement réglementaire, voire certaines réclamations liées au comportement du dirigeant (allégations de harcèlement).
Ces types de mise en cause ne sont pas couverts par la responsabilité civile professionnelle de l’Entreprise. C’est la que La RC des dirigeants (RCMS) intervient . Elle vise à protéger le dirigeant, personne physique, lorsqu’il est personnellement mis en cause, avec une prise en charge de ses frais de défense (avocat) et un accompagnement spécifique. Parce qu’un dirigeant qui doit consacrer son énergie à se défendre n’est plus totalement concentré sur ce qui compte : faire grandir l’entreprise.
Autre cas d’usage l’assurance des risques Cyber : protéger vos actifs immatériels.
Une start-up peut ne posséder que quelques ordinateurs, un bureau et avoir un nombre réduit de salariés.
Et pourtant, elle détient des actifs immatériels à très forte valeur : fichiers clients, données, algorithmes, secrets industriels, propriété intellectuelle, contrats, informations stratégiques…
La valeur est souvent immatérielle et non mesurée,
Et c’est précisément ce qui la rend vulnérable. Une cyberattaque, une fuite de données ou une interruption informatique peut provoquer des pertes financières considérables.
L’assurance Cyber vise à permettre à l’entreprise d’absorber financièrement les conséquences d’un cyberincident et de poursuivre son activité.
En fait quels que soient les risques identifiés, Le vrai sujet : la pérennité
- Homme Clé.
- RC des dirigeants.
- Cyber.
Trois assurances, trois risques très différents… mais une même finalité :
permettre à la start-up de continuer à avancer lorsque le risque devient réalité.
Et c’est peut-être là que l’on comprend le véritable rôle de l’assurance.
L’assurance n’est pas une taxe sur l’innovation.
C’est ce qui permet de prendre des risques sans mettre toute l’entreprise en jeu.
Pour un Business Angel, c’est aussi un signal : une équipe qui protège ses hommes clés, ses dirigeants et ses actifs immatériels montre qu’elle ne pense pas seulement à la prochaine levée de fonds.
Elle pense à construire une entreprise durable. Mais soyons clairs…
Aujourd’hui, pour un Business Angel, l’assurance n’est généralement pas le premier sujet de préoccupation.
Avec des tickets d’investissement relativement limités par rapport à ceux des investisseurs institutionnels, demander à une jeune start-up de multiplier les assurances peut rapidement être perçu comme un « sunk cost » : de l’argent dépensé sans bénéfice visible tant que le sinistre ne survient pas.
Et c’est précisément là que le débat mérite d’être posé.
Certaines structures comme BADGE – Business Angels des Grandes Écoles recommandent assez fortement la mise en place de protections adaptées.
L’objectif n’est évidemment pas d’ajouter une taxe supplémentaire à l’entrepreneur.
L’objectif est de protéger l’investissement et, surtout, de donner à l’entreprise les moyens de survivre lorsque survient un événement susceptible de remettre en cause sa continuité.
Bien sûr, un Business Angel ne gagne pas à tous les coups. L’investissement dans une start-up reste un investissement à risque.
Mais si l’assurance permet, dans certains cas, d’éviter qu’un décès, une mise en cause d’un dirigeant ou une cyberattaque transforme une difficulté en disparition de l’entreprise, alors elle prend tout son sens.
Business Angels, vous investissez. Pensez aussi à l’assurance.
Pas comme une obligation.
Pas comme une taxe.
Mais comme un outil de prévention et de sécurisation.
Assurance + Business Angel : pas forcément un duo incontournable. Mais certainement un duo qui peut devenir gagnant.